Ghana : une résolution historique à l’ONU pour reconnaître la traite des esclaves africains comme le plus grave crime contre l’humanité

Dans un moment qui pourrait entrer dans les livres d’histoire, le Ghana s’apprête à déposer une résolution à l’Organisation des Nations Unies (ONU) visant à faire reconnaître officiellement la traite transatlantique des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ». Cette démarche, annoncée par le président ghanéen John Dramani Mahama, s’inscrit dans une offensive diplomatique pour porter la voix du continent africain, et de sa diaspora, sur la scène internationale.

L’initiative a été dévoilée à l’occasion du sommet annuel de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, où Mahama a souligné que la résolution serait déposée en mars prochain devant l’Assemblée générale de l’ONU. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance symbolique : il s’agit de rétablir la vérité historique, de rendre justice à des millions d’Africains forcés, réduits en esclavage et déportés à travers le monde, souvent sans que ce chapitre n’ait été pleinement reconnu à l’échelle internationale.

Une coalition africaine et caribéenne

Cette résolution ne vient pas de nulle part. Elle s’inscrit dans un effort collectif, avec le soutien unanime des États membres de l’Union africaine et une coordination avec les pays de la Communauté caribéenne (CARICOM), pour construire une majorité à l’ONU en faveur de cette reconnaissance historique.

La formulation du texte a été soigneusement travaillée avec des experts, des juristes africains et des représentants de la diaspora afin de souligner non seulement le caractère racialisé et institutionnalisé de l’asservissement des Africains, mais aussi les conséquences profondes et persistantes de cette période tragique sur les sociétés d’aujourd’hui.

Pourquoi cette résolution compte

Pour beaucoup, la traite transatlantique, qui a emmené de 15 à 20 millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains vers les Amériques et les Caraïbes, reste l’un des traumatismes les plus profonds de l’histoire moderne. Malgré son ampleur et ses effets durables, elle n’a jamais été officiellement qualifiée par l’ONU comme crime suprême contre l’humanité au même titre que le génocide ou l’apartheid.

Mahama et ses soutiens estiment que cette reconnaissance pourrait ouvrir la porte à une véritable justice historique, politique et morale, et contribuer à des discussions plus larges sur les réparations, la mémoire, l’éducation et la réparation des injustices passées.

Chez Karib Afrik, nous croyons aux histoires qui connectent l’Afrique et la Caraïbe, aux mémoires partagées qui nous unissent au-delà des océans, et ce débat nous concerne tous. Que pensez-vous de cette initiative ?

Précédent
Précédent

Le Bénin inscrit une nouvelle page de son histoire aérienne avec Amazone Airlines

Suivant
Suivant

Quand la yole martiniquaise devient un symbole vivant de fraternité entre la Martinique et le Sénégal