Coline-Lee Toumson-Vénite nommée à la tête de l’agence béninoise dédiée au retour des Afro- descendants
Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa politique de reconnexion avec les diasporas africaines. À la tête de l’Agence d’assistance au retour des Afrodescendants (AARA), une figure bien connue des sphères culturelles et mémorielles vient d’être nommée : Coline-Lee Toumson-Vénite, Martiniquaise d’origine guadeloupéenne. Une nomination forte, à la croisée de l’histoire, de la mémoire et de l’avenir des relations entre l’Afrique et ses diasporas.
Une trajectoire entre Caraïbe et Afrique
Née à Fort-de-France d’un père guadeloupéen et d’une mère martiniquaise, Coline-Lee Toumson-Vénite incarne une génération d’Afrodescendants profondément connectés à l’histoire transatlantique. Formée en histoire, histoire de l’art et ingénierie culturelle, elle a construit un parcours solide dans la coopération artistique internationale et les politiques culturelles.
Installée au Bénin depuis plusieurs années, elle occupe jusqu’ici le poste stratégique de chargée de mission Arts et Culture auprès de la présidence béninoise, contribuant activement au développement de grands projets patrimoniaux et muséaux.
Son engagement s’inscrit dans une vision claire : faire de la culture un levier de reconnexion entre les peuples africains et leurs diasporas.
Une agence au cœur d’un projet historique
Créée par décret en 2026, l’Agence d’assistance au retour des Afrodescendants marque une avancée majeure dans la politique du Bénin. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’État béninois, qui a récemment adopté une loi facilitant l’accès à la nationalité pour les Afrodescendants.
Cette agence vise à accompagner concrètement les personnes issues de la diaspora dans leur retour sur le continent africain : démarches administratives, intégration, parcours mémoriel et culturel. Elle s’intègre dans un écosystème plus large comprenant des initiatives comme la valorisation des sites historiques, la création de musées ou encore des programmes de recherche sur la généalogie afrodescendante.
Avec cette structure, le Bénin se positionne comme un acteur majeur de la reconnexion afrodescendante à l’échelle mondiale.
Une nomination hautement symbolique
La nomination de Coline-Lee Toumson-Vénite à la tête de cette agence n’est pas anodine. Elle incarne à elle seule ce lien vivant entre Afrique et Caraïbe. Son parcours personnel, entre héritage caribéen et engagement africain, fait écho à la mission même de l’agence : recréer des ponts là où l’histoire les avait brisés.
Très active sur les questions d’afrodescendance, elle s’est imposée comme une voix influente dans les espaces internationaux, notamment lors du Forum des Nations Unies pour les personnes d’ascendance africaine en 2026.
Sa vision repose sur une idée forte : transformer la mémoire de la traite négrière en levier de construction, de transmission et de coopération entre continents.
Un tournant pour les Afrodescendants
Au-delà d’une nomination, c’est un signal politique et culturel fort. Le Bénin affirme sa volonté d’accueillir, de reconnaître et d’intégrer les Afrodescendants dans un projet commun.
Dans un monde où les questions d’identité, de mémoire et de réparation occupent une place centrale, cette initiative pourrait bien redéfinir les relations entre l’Afrique et ses diasporas.
Et à la tête de ce projet ambitieux, une femme caribéenne, héritière d’une histoire complexe, mais tournée vers un futur de reconnexion.
Un symbole puissant. Et surtout, un mouvement en marche.

